Psychologie et consultation : charlatanisme ou preuve de bon sens ?

Les critiques sont monnaie courante dès qu’il s’agit de juger, trop souvent sans la connaître, la pratique des arts divinatoires en général et de la tarologie en particulier. Une des plus répandue est la mise en avant de la dimension psychologique lors d’une consultation de tarologie sous-entendant généralement qu’il s’agit là d’une tentative de « noyer le poisson » ou d’une technique pour « embobiner » les personnes qui font appel à nous.

Il est vrai qu’il nous arrive parfois de nager en eaux troubles avec les consultants. Il arrive également que les fils de leurs histoires soient un peu emmêlés. Ce n’est pas bien grave cependant et cela se travaille en consultation. Et c’est bien là la seule concession que je ferai à ces remarques peu constructives.

A quoi ressemblerait une consultation s’abstenant d’inclure une quelconque dimension psychologique, dimension qui est à la base du moindre rapport humain une fois que l’on a dépassé le simple  stade du »bonjour », qu’on le veuille ou non ? Cela ressemblerait à la consultation « idéale » en quelque sorte, aux dires des détracteurs de notre profession. Examinons ça de plus près si vous le voulez bien au travers d’une même consultation vue sous deux angles différents.

Consultation « idéale » aux yeux de certains. Sans poisson, sans arrête et peut-être… sans pertinence non plus. A vous de juger.

La consultante* : « Je souhaite acheter une maison, vais-je y parvenir à court ou moyen terme ? »

La tarologue : « Oui »

La consultante : « Merci »

La tarologue : « De rien. Au plaisir… »

Bon, au moins, la consultante a une réponse. Et une réponse exacte, comme nous le verrons plus loin ! Mais a t-elle « sa » réponse ? Rien n’est moins sur. Revisitons l’histoire avec un brin de psychologie professionnalisme.

Consultation « type » avec un ou une tarologue qui ne prend pas son client pour un poisson ou un pigeon ou toute autre bestiole qu’il n’est pas, de toute évidence.

La consultante : « Je souhaite acheter une maison, vais-je y parvenir à court ou moyen terme ? »

La tarologue : « Je pense que oui mais détaillons tout cela ensemble pour mettre toutes les chances de votre côté. Le Tarot semble indiquer que ce projet est lié à une recomposition familiale, est-ce exact ? »

La consultante : « Oui, tout à fait. Nous nous sommes rencontrés il y a six mois et nous souhaitons maintenant vivre ensemble. Nous cherchons, sans la trouver, la maison de nos rêves. »

La tarologue : « Il semblerait que la difficulté actuelle soit en rapport avec les enfants et en particulier avec leur scolarisation ? »

La consultante : « En fait, aucun de nous deux ne souhaite changer ses enfants d’établissement scolaire. Or sa fille va au lycée à Troulalou, mon fils est au collège à Vireleduc et ma fille finit sa primaire à l’Autrerive. Il y a plus de 150 km entre les deux établissements les plus éloignés et nous n’arrivons pas à nous décider sur un lieu d’habitation pratique pour tout le monde. Cela commence même à peser me peser sur le moral. »

Bon, là, on commence à dériver gentiment du simple côté « pratique » de la question à des aspects dirons-nous plus… psychologiques affectifs. On peut en rester là, lui confirmer qu’elle va trouver et acheter une maison à moyen terme (on voit quand même un délai non négligeable sur ce coup là dont il faut bien l’avertir quand même) et la laisser repartir ronger son frein plus loin. Mais bon, comme on a entrevu dans le jeu étalé sous nos yeux un léger « grain de sable » et que l’on sent une ouverture… comment dire… psychologique d’esprit du côté de la consultante, on propose de creuser. On nous répond « oui ». Creusons-donc !

La tarologue : « N’y a-t-il pas de ville qui vous permettrait, quitte à changer certains voire tous les enfants d’établissements, de scolariser toute la petite famille à proximité et de débloquer la situation ? ».

Bon, à ce stade de mes réflexions, il faut vous avouer que, si le Tarot voit bien un achat de bien immobilier à moyen terme, je suis beaucoup moins certaine que cela soit avec les protagonistes du moment… mais bon, là n’était pas la question de base et je dois rester… psychologue prudente.

La consultante : « Si, bien sur, ce serait une solution et j’y ai déjà pensé. Puisque on ne peut pas maintenir tous les enfants dans leurs écoles respectives, nous pourrions envisager de choisir un lieu neutre pour tout le monde et de souder notre famille recomposée autour de ce nouveau départ. J’ai déjà évoqué cette idée avec Monsieur mais j’ai été surprise de sa réaction très agressive et de son manque manifeste d’implication pour trouver une solution satisfaisante pour tous… »

[…

Cette minute de silence vous est offerte par la consultante qui chemine de son côté sur un aspect psychologique nouveau de la question qu’elle n’avait peut-être pas envisagé sous cet angle là avant ce jour…

…]

Elle reprend : « Pour tout vous dire, je me demande aujourd’hui si c’est le seul sujet sur lequel il est toujours aussi inflexible. J’ai peur de découvrir d’autres facettes de lui-même pouvant me faire douter de mon engagement sentimental… Du coup, se lancer dans de tels frais dans ces conditions là… »

Nous y voilà ! Bon, encore une fois, je peux faire fi de toute considération psychologique humaine et lui asséner un « vous avez raison, c’est un con, partez en courant ! ». Ne connaissant pas le monsieur en question, je pense que cela pourrait être un brin péremptoire et peut-être même présomptueux. Cela pourrait également, sait-on jamais, perturber la consultante d’un point de vue psychologique pratique. Après tout, elle voulait juste savoir si elle allait acheter une maison dans un avenir relativement proche.

Je me contenterai donc de l’engager à se donner un peu de temps et/ou de recul afin de pouvoir prendre une décision éclairée le moment venu. Question de psychologie logique. Et afin de lui permettre de repartir sur une note positive, je lui réaffirme que le Tarot indique bel et bien qu’elle va trouver un lieu de vie qui lui conviendra à elle ainsi qu’à ses enfants et qu’elle en deviendra propriétaire dans un délai de l’ordre de quelques mois à un an. Cela semble être de nature à l’apaiser un peu et nous nous quittons sur cette note d’espoir. Elle m’a appris par la suite avoir décidé de mettre fin à la relation sentimentale qu’elle entretenait au moment de la consultation. Elle a finalement acheté seule une maison conforme à ses souhaits dans laquelle elle vit en harmonie avec ses enfants. Il semblerait qu’il y ait même « anguille sous roche » avec… l’agent immobilier qui lui a vendu la maison !

Dans les deux exemples de consultation cités ci-dessus, en tant que tarologue, j’ai répondu à la question. Correctement, qui plus est, dans les deux cas. J’ai donc fait mon « boulot ». La consultante est maintenant propriétaire de sa maison et elle y semble tout à fait à son aise.

Je ne suis pas devin. Juste tarologue. Et comme je ne suis pas devin, je m’interroge souvent sur l’impact psychologique réel de cette rencontre tri-partite que le tarot, le consultant et moi-même pouvons mettre en œuvre dans ce court cheminement commun.

Avec une consultation comme celle proposée en option 1, la consultante avait sa réponse. Elle avait sa maison. Mais quelle maison ? Celle d’aujourd’hui, dans laquelle elle vit en harmonie avec ses enfants ou celle qu’elle aurait peut-être achetée, confortée pas ma réponse manquant totalement de psychologie détails en faisant de nombreuses concessions pour vivre avec un Monsieur dont elle doutait déjà de manière plus ou moins consciente qu’il soit le compagnon idéal pour elle  ?

En toute honnêteté, je n’ai pas de réponse à cette interrogation mais, dans le doute, je ne m’abstiens pas et préfère toujours, lorsque c’est possible, faire preuve d’un minimum maximum de psychologie d’intelligence dans mes interventions.

Pour résumé, non, je ne suis pas psychologue de métier et ne prétends aucunement en avoir les capacités au sens dicté par cette profession et le diplôme qui lui est attaché. Et je n’irai pas plus loin de peur d’en dire trop. Je ne vois cependant pas en quoi cela m’empêche de faire preuve de la plus grande psychologie dont je puisse être capable dans les échanges que me proposent mes consultants. Simple question d’éthique, vous ne trouvez pas ?

 

 

*La consultante en question a été consultée, une fois n’est pas coutume, avant que j’utilise une partie de l’expérience que nous avons vécu ensemble pour écrire cet article. Je la remercie encore une fois ici de son concours…

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