Jean-Claude et Roxanne Flornoy : le Tarot de Viéville

Vient de paraitre aux Editions Letarot !

Le seul exemplaire connu du Tarot de Jacques Viéville fut publié à Paris c. 1650.

Viéville était contemporain de Jean Noblet ; pourtant leurs tarots diffèrent en de nombreux détails.

Les 22 arcanes majeurs sont aujourd’hui restitués à partir de l’unique original conservé  à la Bibliothèque Nationale de France.

Cette restitution historique comporte l’orientation originale du jeu et l’habituelle disposition de Marseille. 

Une belle surprise m’attendait dans ma boîte mail cette semaine. Un mail de Roxanne Flornoy annonçant la mise en vente de la version de Jean-Claude Flornoy du Tarot de Viéville. Je m’étais toujours demandé si Jean-Claude opterait finalement pour la version du jeu « à l’envers » si tant est qu’elle le soit ou s’il reproduirait les lames dans le sens du canon de l’époque. J’ai maintenant ma réponse !

Je savais qu’il travaillait sur cette version avant de nous quitter prématurément et voici ce qu’il en disait à l’époque (l’article a été complété pour faire part de la parution du jeu en septembre 2012) :

Jacques Viéville est un pseudonyme de graveur, et à ce sujet, allez visiter la page qui leur est consacrée.

J’ai imaginé un ouvrier qui gravait sur un positif existant.

1650 est, entre de multiples autres, une date ou une sorte de guerre a opposé le fisc de l’époque aux cartiers. Il faut savoir qu’à l’époque les taxes sur les jeux de cartes représentaient un pourcentage très important du budget de l’état, nettement plus que l’impôt sur le sel. Quelque chose, qui dans son volume s’apparenterait à la Taxe sur les Produits Pétroliers. Pour mieux contrôler les cartiers, ils avaient été placés en maisons communes. Toute la corporation était regroupée dans un pâté de maisons, et surveillée par la gendarmerie et les agents du fisc. Les ouvriers étaient sélectionnés, devaient avoir un passe, les feuilles de la journée étaient numérotées et apportées par un huissier à l’embauche. Les anciens moules avaient été saisis et/ou détruits. Pour les refaire, les graveurs de cartes ordinaires, c’était sans trop de problèmes à trouver, mais les graveurs de tarot, ça ne courrait certainement pas les rues. Jean Noblet, était éditeur et graveur. Pour lui, techniquement pas de complications. Mais, pour un tarot « piémontais », où trouver le graveur spécialisé ? Pour faire redémarrer une production de ce type de tarots, il aura fallu improviser.

C’est là que j’ai l’intime conviction que le graveur a « copié » à l’envers ce tarot. On se sert de la feuille imprimée en noir, et on marque le bois placé en dessous en la découpant en suivant les traits. C’est de loin le plus simple pour une époque qui n’a pas de papier calque ou autre accessoire moderne. Pour les spécialistes, tout le monde sait que le Viéville est « à l’envers », pour presque, mais pas tous les arcanes. En faisant ainsi, on sauvait les meubles. On sauvait une imagerie qui autrement était définitivement perdue. Un bon ouvrier graveur standard, sans compétences particulières et initiation au tarot, l’a reproduit à l’envers. Ce n’était pas trop grave, les joueurs s’y retrouvaient tout de même!

Mais pas nous autres puristes.

Pour notre édition de septembre 2012 des 22 arcanes majeurs du tarot Jacques Viéville, nous avons pris le parti d’éditer les deux versions : celle de la BN et une version remise dans l’ordre des canons dits de Marseille.

Je vous invite à lire dans son intégralité l’article consacré à Jacques Viéville directement sur son site -ainsi que l’intégralité des articles qui sont tous passionnants- et vous souhaite par avance une excellente lecture.

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