Est-ce bien, n’est-ce pas bien ?

Il était une fois…

Hé oui, les contes commencent tous de la même manière… Celui-ci est un de mes préférés et on le dit d’origine chinoise. Je le dédie à tous ceux qui se demandent  : « quel est mon avenir ? », « est-il bon pour moi de… ? », « vais-je sortir de cette mauvaise passe ? », « X est-elle une personne pour moi ? », etc. et je leur souhaite une excellente lecture.

Ainsi qu’à tous les autres bien entendu !

Il était une fois, donc…

…un paysan qui possédait un magnifique étalon blanc. L’empereur, voulant faire un cadeau d’anniversaire à son fils, cherchait un cheval d’exception. Il avait donc envoyé des émissaires dans tout l’empire. Un jour, un d’entre eux arriva au village et, ayant appris l’existence de l’étalon, alla trouver le paysan afin de lui faire une offre des plus généreuse.

Les villageois, vite attroupés, le félicitaient tous de sa chance et de sa richesse promise. Mais le paysan aimait tant son étalon qu’il n’accepta pas l’offre. L’émissaire eut beau doubler, tripler la somme, rien n’y fit. Le paysan resta inflexible et l’émissaire dû repartir bredouille. Alors les gens lui dirent qu’il était complètement fou d’avoir refusé cette chance exceptionnelle. Le paysan leur répondit simplement: « Est-ce bien, n’est-ce pas bien, qu’est-ce qu’on en sait ? »

Quelques temps plus tard, l’étalon brisa son enclos et s’échappa dans la forêt. Alors les villageois dirent au paysan: « Quel malheur, tu as refusé la fortune et maintenant tu n’as même plus ton cheval ! ». Il leur dit encore une fois: « Est-ce bien, n’est-ce pas bien, qu’est-ce qu’on en sait ? »

Un beau matin, le paysan eut la surprise de voir son étalon revenu dans son enclos en compagnie d’une jument aussi exceptionnelle que lui. Les villageois lui dirent alors: « Quel chance incroyable tu as. Tu n’avais plus de cheval et maintenant tu as deux pur-sang. Tu va pouvoir faire un élevage et t’enrichir ! ». Le paysan dit : « Est-ce bien, n’est-ce pas bien, qu’est-ce qu’on en sait ? »

La semaine suivante, le fils du paysan voulant dresser la jument fit une mauvaise chute et se brisa la jambe. Alors les villageois dirent à son père, tous en chœur: « Quel malchance, à cause de cette jument, ton fils sera immobilisé longtemps et ne pourra pas t’aider aux champs ! ». Imperturbable, le paysan répéta : « Est-ce bien, n’est-ce pas bien, qu’est-ce qu’on en sait? ».

Quelques semaines plus tard, vint la guerre. Les soldats arrivèrent donc au village avec ordre de recruter tous les jeunes hommes valides. Mais le fils du paysan, avec sa jambe cassée, resta près des siens. Les villageois atterrés d’avoir perdu peut-être même à jamais leurs fils dirent au paysan: « Tu es bénis des dieux, vois comme ta famille a été la seule épargnée ! « . Mais le paysan toujours aussi serin ne put que leur dire encore et toujours la même chose : « Est-ce bien, n’est-ce pas bien, qu’est-ce qu’on en sait? ».

Et bien oui, « qu’est-ce qu’on en sait » après tout ! L’homme s’interroge. Il l’a toujours fait et le fera toujours. Pourtant, qu’il s’agisse de Tarot, de statistiques ou de probabilités, ayons soin de bien huiler les gonds de cette double porte de sortie : notre libre arbitre et notre incapacité à juger, dans l’instant, des conséquences à long terme des expériences que nous vivons… que nous soyons consultants ou consultés…

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